Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 6 : Entrainement.

 

            La cloche sonna, annonçant la fin des cours de la journée, sortant les élèves de la torpeur dans laquelle les avait plongé le cours du professeur Binns. En fait, ses cours étaient d’une monotonie telle que la plupart des élèves dormaient sur leurs tables. Harry avait d’ailleurs eu la confirmation de ce qu’il pensait sur ses futurs parents. Lily était aussi studieuse que Harry l’avait imaginé (et, sur ce point, lui faisait penser à Hermione). En effet, c’était la seule, avec Remus, à suivre le cours avec un semblant d’intérêt et à prendre des notes. Quand aux autres Maraudeurs, Peter dormait et Sirius et James avaient improvisé un jeu de “bataille navale” version sorciers… pendant la plus grande partie de l’heure.

 

            Les quatre compères furent les premiers dehors, rapidement suivis par le reste de la classe.

 

            «- Eh, Harry… ! Tu viens… ? lui lança Sirius, constatant que le nouveau ne les avait pas suivi.

 

             - On va directement au stade… ! » précisa James.

 

            Harry sourit et se hâta de les rejoindre. Connaissant la réputation des Maraudeurs, Harry s’efforçait de conserver, toute fois, une certaine réserve, vis-à-vis du “quatuor infernal”, même si, au fond, il se doutait que les quatre ne lui feraient rien. Rien qu’à voir la tête des autres élèves, Harry se doutait que les Maraudeurs n’étaient pas du genre à accepter aussi rapidement les nouveaux, mais l’attitude de l’adolescent face à Trelawney avait impressionné tout le monde.

 

            Les quatre Maraudeurs discutaient avec animation, incluant Harry dans leur conversation, alors qu’ils traversaient le Parc, en direction du stade de Quidditch. Mais là, une autre équipe s’y trouvait déjà.

 

            «- Les Serpentard… ! grommela Sirius. Ceux-là, autant que tu le peux, évites-les… ! ajouta-t-il, à l’adresse de Harry. Depuis toujours, les Gryffondor et les Serpentard sont rivaux. Ils cherchent toujours la bagarre, ils sont mauvais perdants, complètement arriérés et tricheurs… ! Tous sont voués à la magie noire… !

 

             - Pas tous, Sirius… ! rétorqua Remus. Je suis sûr qu’ils ne sont pas tous mauvais… !

 

             - Tu rêves, mon vieux… ! Je peux t’assurer qu’aucun d’eux n’est potable dans cette maison… ! Ils sont tous pourris jusqu’à la moelle… !

 

             - Malefoy… ! s’écria James. Descends de là… ! »

 

            L’intéressé les rejoignit rapidement.

 

            «- Qu’est-ce que tu veux, Potter… ? lâcha-t-il, sachant pertinemment la réponse.

 

             - On avait réservé le terrain… ! Tu n’as aucune raison d’y être… ! répliqua James.

 

             - Ben, c’est que, malheureusement pour vous, j’ai un mot du professeur Krayak qui nous y autorise… ! ajouta-t-il, en mettant sous le nez de son interlocuteur ladite autorisation. Alors j’en suis désolé pour vous, mais… ! commença-t-il, d’un ton des plus ironiques.

 

             - Une autorisation de Krayak ? répéta James, avec dédain. Rien que ça… ? Alors, je crois que c’est vous qui allez devoir dégager… ! Parce que j’ai une autorisation spéciale de Dumbledore pour que nous puissions tester notre nouvel Attrapeur… ! » ajouta-t-il, avec un sourire triomphant, en sortant son propre parchemin et en l’agitant devant Malefoy.

 

            Celui-ci pâlit un peu plus que de coutume, ses yeux gris passant de James à l’autorisation, puis sur Harry, avant de revenir sur l’autorisation.

 

            « Très bien, Potter… ! Tu gagnes sur ce coup-là… ! grinça-t-il. Mais ne crie pas victoire trop vite… ! J’aurai bientôt ma revanche… ! Allez, on s’en va… ! » ordonna-t-il, à l’adresse de ses camarades de Serpentard qui le rejoignirent sur le sol, avant de quitter le stade, de mauvaise grâce.

 

            Sirius se tourna vers James.

 

            «- Comment t’as fait pour l’avoir… ? s’étonna-t-il. Ne me dit pas que tu as… ?

 

             - Oh non, je n’ai rien falsifié… ! assura James, en riant. C’est bel et bien Dumbledore qui m’a fait cette autorisation… ! Sachant que, à la fin de la semaine, on a la finale, contre les Serpentard, je me doutais qu’ils feraient tout pour profiter le plus possible du favoritisme que Krayak fait pour sa maison… ! Alors, ce midi, je suis allé voir Dumbledore… ! D’ailleurs, ça aide d’être dans les bonnes grâces du directeur… !

 

             - Mouais… ! Bon, on y va… ? demanda Sirius.

 

             - Attendons un peu les autres… ! rétorqua James. Eh, Harry, viens avec moi, on va chercher les balais… ! »

 

            Deux minutes plus tard, Harry avait entre les mains le fameux Nimbus 1700 de l’ancien Attrapeur de Gryffondor. Autant pour les Maraudeurs, ce balai était le sommet de la technologie, autant, pour Harry, ce balai était de second ordre, par rapport à son ancien Nimbus 2000, ou son Eclair de Feu… ! Mais bon, il ferai avec…

 

            «- Dites, est-ce que ça vous dérange si je vole un peu avec…, histoire de voir ce dont ce balai est capable… ?

 

             - Non, vas-y… ! assura James. Fais en ce que tu veux… ! »

 

            Harry sourit, et enfourcha son balai, avant de s’élancer. Une fois en vol, il oublia, un moment, tout ce qui l’entourait. Tout ce qui l’importait était de voler et d’oublier tous ses soucis… Contrairement à ce qu’il s’était attendu, le Nimbus 1700 était, en fait, très proche de son ancien Nimbus 2000. Il était, certes, un peu raide et manquait de précision, mais il conservait cependant une bonne maniabilité et une stabilité digne de la lignée des Nimbus… D’après ce que les Maraudeurs lui avaient dit, en venant, ce balai pouvait aller jusqu’à cent soixante-dix kilomètres par heures (soit pas beaucoup moins que son Nimbus 2000).

 

            Harry se lança dans un enchaînement de figures en tout genre, sous le regard ébahi des autres élèves.

 

* * * * *

 

            «- Qu’est-ce qu’il fait ? s’étonna Sirius. Je croyais que t’avais dit qu’on attendait les autres ?

 

 - Je me suis dit que ça ne lui ferait pas de mal de tester un peu le Nimbus 1700… ! observa James. Je lui en ai donné l’autorisation… !

 

             - Hum… ! Oh la vache… ! T’as vu ça… ? s’écria Sirius, suivant les évolutions de leur nouveau camarade qui s’était lancé dans un enchaînement de diverses figures.

 

             - Et parfait, avec ça… ! Regarde la précision de ce looping… ! ajouta James, ébahi.

 

             - Et cette vrille… ? T’as vu ça… ? C’est un pro des figures ce type… !

 

             - Hum… ! Moi, ce que je voudrai voir, c’est ses piqués… ! observa James. En général, c’est la figure de base des Attrapeurs, non… ? Et… !

 

 - Whoa… ! Qui s’est ?

 

             - Eh, mais ce n’est pas le nouveau ?

 

             - Il vole super bien, en tout cas… !

 

            Les deux Maraudeurs se retournèrent vers les nouveau venus qui n’étaient autre que les autres membres de l’équipe.

 

            «- Eh, James ! C’est le nouveau, non ? demanda l’un d’eux, un petit blond aux yeux sombres.

 

             - En effet, Anthony… ! confirma James. Il se trouve qu’il était Attrapeur dans son ancienne école… !

 

             - Il a l’air pas mal… ! observa Anthony. Je vois que vous lui avez passé mon balai… ! Vous avez bien fait… ! Et il s’en tire très bien avec, d’ailleurs… ! Oh, regardez ça… ! »

 

            Tout le monde se retourna vers le nouvel élève qui poursuivait toujours ses acrobaties aériennes et qui s’étaient lancé dans un piqué des plus rapides, sous le regard abasourdi des autres élèves.

 

            «- Alors, ça, c’est du piqué… ! commenta James, admiratif.

 

             - Oh bon sang… ! Il est cinglé… ! A cette vitesse, il ne pourra jamais redresser à temps… ! s’exclama un autre élève.

 

             - Eh, j’suis d’accord pour lui passer mon balai mais pas pour qu’il se tue avec… ! » rétorqua Anthony, effaré.

 

            A la surprise générale, à moins d’un mètre du sol, ils virent leur camarade changer de position, tirer le manche du balai vers le haut et remonter en chandelle, frôlant la pelouse du stade. Tous émirent un petit sifflement admiratif, y compris Remus et Peter installés dans les tribunes.

 

            «- Oh… ! La vache… ! s’écria Anthony. Vous avez vu ça… ?

 

             - Bon sang, il n'est pas humain ce type… ! s’exclama un autre élève. Eh, Cap’taine… ! Faut absolument le prendre… !

 

             - Pour une fois, j’suis d’accord avec Mondingus… ! ajouta Sirius. C’est une occasion inespérée… ! Et t’as vu la façon dont il enchaîne figure sur figure… ! C’est à croire qu’il est né sur un balai… ! A part James, je n’ai jamais vu quelqu’un aussi à l’aise sur un balai… !

 

             - La différence, c’est que James est Poursuiveur et lui Attrapeur… ! Et ce n’est pas du tout le même style de jeu… ! » commenta Mondingus.

 

            James ne répondit pas, observant avec étonnement les évolutions aériennes du nouveau. Il n'y avait pas à dire, il volait vraiment très bien… ! Et ça ne faisait aucun doute que Harry aimait voler, qu’il s’accordait parfaitement à son balai… ! Et c’était certain qu’ils devaient le prendre dans l’équipe… !

 

            « Eh, Harry… ! DESCENDS… ! » cria-t-il, alors que ce dernier zigzaguait autour des trois anneaux d’or qui se dressaient à une des extrémité du terrain.

 

* * * * *

 

            Harry revint à la réalité, en s’entendant appeler, et, obéissant, il revint vers le petit groupe, légèrement décoiffé par le vol qu’il venait de faire, les joues rosies par le vent, avec un grand sourire.

 

            «- Whoa… ! Ca fait du bien de remonter sur un balai… ! commenta-t-il, en mettant pied à terre. Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna-t-il, devant l’air stupéfait des élèves.

 

             - Eh ben, Harry, au nom de tous, je t’annonce que tu fais partit de l’équipe… ! Tu as impressionné tout le monde… ! commenta James. Il ne reste plus qu’à te voir à l’œuvre avec le Vif, mais j’suis certain que tu t’en tirera tout aussi bien… ! »

 

            Le sourire de Harry s’élargit.

 

            « Au fait, avant qu’on commence l’entraînement… ! poursuivit James. Il vaut mieux que je te présente les autres membres de l’équipe… ! Lui, c’est Anthony Perkins, notre ancien Attrapeur et, même si officiellement il ne fait plus partie de l’équipe, nous continuons à le considérer comme si… ! expliqua-t-il en désignant le blond qui se tenait à côté de Sirius. Bon, sinon, tu connais Sirius… ! Lui, il joue au poste de Batteur avec Ludo… ! » ajouta-t-il en désignant un garçon châtain à l’air jovial et aux yeux rieurs.

 

            Harry sourit en songeant que le futur Batteur des Frelons de Wimbourne et futur responsable du Département des jeux et sports magiques n’avait pas changé en vingt ans…, à part en taille et en âge.

 

            « Ensuite, lui c’est François Dubois, notre Gardien… ! ajouta James, désignant un garçon brun à l’air massif (visiblement, le rôle de Gardien semblait être héréditaire chez les Dubois.). Ensuite, Elvire Bell, la seule fille de l’équipe… ! annonça-t-il, désignant une fille aux longs cheveux châtains clairs et aux yeux bleus clairs. Elle est Poursuiveuse, tout comme moi, et Franck Londubat… ! »conclut-il en désignant un garçon de dix sept ans qui se tenait à côté de Mondingus.

 

            Harry, en l’observant, réalisa que Neville Londubat ne ressemblait aucunement à son père.

 

            Une fois les présentations faites, les joueurs commencèrent leur entraînement, une fois que François eu libéré les Cognards (deux grosses et lourdes balles noires qui avaient pour rôle d’attaquer les joueurs) et le Souaffle (une balle rouge dont la taille était proche de celle des Cognards, et que les Poursuiveurs devait se passer, pour essayer de marquer des buts) de leur “prison” (un coffre qu’il avait dû emmener en arrivant). James intercepta le vif d’or (la plus petite balle du jeu. Une sphère dorée, de la taille d’une noix, aux ailes argentées, que devait capturer l’Attrapeur. La capture du Vif d’or, lors d’un match, assurait pratiquement la victoire et donnait cent cinquante points à l’équipe à laquelle appartenait l’Attrapeur, et achevait le match) avant que la petite balle dorée ne suive les trois autres balles.

 

            «- Bon, Harry, je vais libérer le Vif… ! Tu comptes dix secondes et tu y vas… ! annonça-t-il. T’es prêt… ?

 

             - Oui… ! assura l’adolescent.

 

             - Bon, alors je le lâche… ! »

 

            Peu après, Harry s’élançait à nouveau dans les air, scrutant le terrain, à la recherche d’un éclat doré, qu’il aperçu rapidement, au pied des buts les plus éloignés. L’adolescent piqua aussitôt, se glissa entre Elvire et Sirius (celui-ci éloignait un Cognard de la Poursuiveuse), évita habilement un autre Cognard, et referma rapidement les doigts sur la petite balle dorée.

 

            « Bravo, Harry… ! T’es vraiment rapide, en plus… ! » commenta James, au-dessus de lui, en renvoyant le Souaffle, qu’il tenait jusque là, à Franck.

 

            Harry sourit et relâcha le vif d’or. Lui ayant laissé le temps de prendre de la distance, il repartit à la poursuite de la petite balle d’or.

 

* * * * *

 

            L’ambiance était au rendez-vous, dans la Salle Commune des Gryffondor, ce soir-là. Harry s’était à présent parfaitement intégré. Assis dans un coin de la pièce avec les Maraudeurs, il riait tout en écoutant Sirius établir le plan pour la prochaine blague qu’ils voulaient faire aux Serpentard. Les quatre compères s’étaient montrés dans un premier temps un peu hésitant à dévoiler leurs projets devant le nouveau, mais finalement, alors que Harry avait proposé de partir, James avait fait remarqué qu’ils l’avaient “adopté” dans le groupe et donc qu’il pouvait écouter la préparation de leur blague…

 

            «- Un peu comme les dragées surprises de chez Bertie Crochue, en gros ? commenta Remus.

 

             - Oui, sauf que, au lieu que la surprise provienne du goût, elle viendrait de l’effet des bonbons… ! commenta Sirius.

 

             - Non, des bonbons, c’est trop courant… ! observa James. J’opterai plutôt pour des chocolats… ! Personne ne peut résister à un chocolat… !

 

 - Tu crois ? s’étonna Sirius. Dans ce cas, il faudrait que t’apprenne à te transformer en chocolat, comme ça tu pourrais peut-être pouvoir séduire Evans… ! Aïe… ! s’exclama-t-il, en se prenant un violent coup de coude dans les côtes.

 

             - Arrête de dire des conneries de ce genre… ! rétorqua James. Je ne l’aime pas, combien de fois est-ce que je devrais vous le dire… ? JE NE L’AIME PAS… ! Point final !!!

 

             - Mais oui, bien sûr… ! On te crois… ! répliqua Sirius, légèrement ironique, tout en adressant un regard entendu à Remus. Bon, pour en revenir à notre sujet de conversation, je suis d’accord pour retenir l’idée des chocolats… !

 

             - Oui… ! Au moins, on pourra s’en procurer facilement… ! Ca nous évitera d’avoir à aller à Pré-au-Lard pour acheter les bonbons… ! Les cuisines de l’école suffiront, pour les chocolats… ! approuva James. Et après, on n'aura plus qu’à y jeter quelques sorts de notre invention et le tour sera joué… !

 

             - Ouais… ! On n’aura qu’à s’occuper des chocolats demain, vu qu’on n’a pas cours à onze heures… ! observa Remus. Au moins, les Elfes seront tellement occupés avec la préparation du déjeuner qu’on ne devrait avoir aucun mal à le faire… ! Mais on ferai bien d’aller se coucher… ! Demain, on a Potions… !

 

             - Ouais… ! soupira Sirius. Non seulement on doit retrouver les Serpentard, mais, en plus, on doit supporter Krayak… !

 

 - C’est qui Krayak ? demanda Harry, surpris par le ton des Maraudeurs.

 

             - C’est le responsable de Serpentard… ! expliqua James. Non seulement il déteste les Gryffondor, et plus particulièrement notre classe, mais il favorise sa maison… ! Et il est assez… spécial… !

 

             - Enfin, tu verras ça demain… ! ajouta Sirius. Autant que tu t’en fasse ta propre idée !

 

             - Hum… ! » marmonna Harry, se disant que, rien que d’après ce qu’on venait de lui dire, le professeur Krayak devait avoir beaucoup inspiré Rogue.

 

            Sur ce, après avoir réveillé Peter qui dormait dans un fauteuil (“aussi flemmard que Croûtard… !” songea, au passage, Harry), les Maraudeurs, accompagnés de Harry, gagnèrent leur dortoir.

 

 

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